Scatrap Jazzcogne - Compagnie Lubat

Scatrap Jazzcogne - Compagnie Lubat

Allez, aujourd’hui, on passe à un autre style ! Une « valse swing dégrisée », à fleur de peau. Vous allez être conquis !

Et pour garder le fil de notre voyage musical, la transition se fera à nouveau avec Jeanne Added et l’article qui lui est dédié dans Citizen Jazz (cf. lien ici) qui nous en apprend beaucoup sur son parcours.

Parmi les événements marquants figure sa rencontre avec le monde merveilleusement original de la compagnie Lubat qui lui fait découvrir l’improvisation avec un grand I, en marge de son apprentissage musical plus académique.

J’ai donc eu envie pour cet article de vous faire entrer dans l’univers de la Compagnie Lubat, mais en douceur…

La compagnie Lubat, c’est d’abord Bernard Lubat, multi-instrumentiste qui a joué avec de nombreux grands musiciens du jazz, français, européens mais aussi américains à la grande époque des jazz clubs parisiens.
Son complice André Minvielle, magicien des mots et des onomatopées, l’accompagne depuis des années au chant et autres percussions.

Patrick Auzier complète le tableau pour tous les autres sons et bruits que l’on peut entendre dans ce disque.

Voici « Indifférence », un standard de la musette de Tony Murena et Joseph Colombo mis en paroles par André Minvielle (paroles ci-dessous pour les personnes qui, comme moi, auraient envie de la chanter).

Cette version rappelle les relations étroites entre la musique, la fête, le bal, les langues (nationales mais aussi régionales) et l’apprentissage de la vie. Une bouffée d’air avec une bonne gorgée de nostalgie.

Je suis sûr que vous allez apprécier la voix chaleureuse d’André Minvielle, sa diction bluffante et son scat à toute épreuve.
Régalez-vous !

Indifférence by Compagnie Lubat de Gasconha on Grooveshark

La vidéo ci-dessous met en images Bernard Lubat à l’accordéon et André Minvielle au chant en 1995 toujours sur Indifférence.

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Paroles :

Voici les paroles ainsi que des explications sur les passages en Occitan très gentiment proposées par Belveser sur occitania.forumactif.com (lien ici) :

Ainsi va la vie d’ici, la vie est là d’ici bas
Elle débat et batt’rie les premiers pas dansés al ban des écoliers
Balancés dans l’air sans en avoir d’air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d’abus du soufflet qui s’étire et rit, c’est bon, c’est l’ton du blues

Et si c’était ça la vie, et si on nous l’avait pas dit
L’épique époque aussi va de l’avant, l’aventure est là,
Allez, dis-le nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer

Sur ton accordéon tu touches à touches, Ecoules, et facile agis là du bout des doigts,
docile au songe assis tu médites tes fois T’effaces au firmament une note cassée
Qu’assez on en ait plus jamais d’enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit Effile l’âme à son pas dédicacé là , baladant l’horizon

Ainsi va Lubat la vie, la vie ça va, tu l’as dit
Au bal aussi c’est là que t’as tout vu passer
Le pas s’est dépaysé
Vas-y l’évasif, vas-y l’enfant, tout petit déjà
Jadis on l’ a dit : « Mainatge aqueste còp te’n sortiràs pas coma aquò… »

Et si c’était dommage, pas si c’est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l’avant
L’aventure est là
Allez dis-le nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir ici efficace étape à passer …..

E si l’oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
« Assurement », libèria, tot de l’animaut sauvadge
La cauja es coma te l’as hèita.

Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap Petit caborrut
Enqüèras un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut

E si l’oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
« Assurement », libèria, tot de l’animaut sauvadge
La cauja es coma te l’as hèita.

Vois si tu n’es pas d’avis
A ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l’air sans en avoir d’air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d’abus du soufflet ils s’étirent et rient , c’est bon, c’est l’ton du blues.
Et si c’était ça la vie, et si on nous l’avait pas dit
L’épique époque aussi va de l’avant, l’aventure est là,
Allez, dis-le nous donc, dis, dans des mots doux au dit désir ici, efficace étape à passer
Et si tu vas tout droit, t’y auras droit !

Traduction des phrases en occitan proposée par Belveser :
« Mainatge aqueste còp te’n sortiràs pas coma aquò… » : Mon petit cette fois tu ne t’en sortiras pas comme ça…

« E si l’oblidas dispareish deu lengadge
Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
« Assurement », libèria, tot de l’animaut sauvadge
La cauja es coma te l’as hèita. » : Et si tu l’oublies, il disparaît de la langue, aussi vrai en tant qu’idiot qu’un désir ambitieux assurément libère tout de l’animal sauvage, la chose est comme tu l’as faite.

« Tanpòc au bal a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap Petit caborrut
Enqüèras un còp a tu que trucas, a tu que tracas
A tu que tòcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis lo cap pelut » : Au bal non plus toi qui cognes, toi qui tapes, toi qui joues, toi qui grinces, toi qui craques, toi qui « rigar-raga » où tu avais mis ta tête hirsute.

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Titre : Indifférence

Artiste : Compagnie Lubat de Gasconha

Album : Scatrap Jazzcogne

Label: Labeluz

Durée : 3’52

Année : 1994

 

Musiciens :

Bernard Lubat : accordéon
André Minvielle : chant, percussions
Patrick Auzier : percussions, voix

Enregistrement et mixage au studio La Lauzanette (Lot-et-Garonne)